Technique d'Inhibition — Ostéopathie Fonctionnelle
Technique ostéopathique indirecte consistant à maintenir une pression ferme et soutenue sur un tissu en dysfonction (muscle, fascia, tissu conjonctif) jusqu'à l'obtention d'un relâchement réflexe des tensions, basée sur le phénomène neurophysiologique d'inhibition des réflexes spinaux de protection.
Présentation
La technique d'inhibition est l'une des techniques fonctionnelles fondamentales de l'ostéopathie, introduite par Andrew Taylor Still lui-même et développée par ses successeurs. Elle diffère des techniques structurelles (HVLA) en ce qu'elle n'utilise aucune manipulation rapide : la résolution de la dysfonction s'obtient par la patience, la pression soutenue et l'attente du relâchement spontané des tissus.
Neurophysiologiquement, l'inhibition agit sur les récepteurs mécanosensibles des fascias et des muscles (fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi, récepteurs de Pacini et de Ruffini). Une pression ferme et prolongée active les récepteurs de Golgi, qui inhibent la contraction du fuseau neuromusculaire et induisent un relâchement réflexe du tonus musculaire et fascial.
Origine : Andrew Taylor Still (1828–1917), fondateur de l'ostéopathie ; développée par Charles Hazzard, William Garner Sutherland et les écoles de Kirksville
Application clinique
Le praticien localise la zone hypertonique (muscle, point trigger, tension fasciale). Il applique une pression douce mais ferme, perpendiculaire aux fibres ou directement sur le point de tension maximum. La pression est maintenue sans relâchement ni augmentation pendant 20 secondes à plusieurs minutes. Le praticien attend activement le relâchement : ramollissement tissulaire, chaleur, pulsation, sensation de « fonte ». Dès que le relâchement est perçu, la pression est levée progressivement.
Variantes : inhibition des paravertébraux (le long de la colonne, patient en décubitus dorsal, les doigts du praticien sous les apophyses transverses) ; inhibition du ganglion cœliaque (abdomen) ; inhibition crânio-cervicale (jonction occipitoatlantoïdienne).
Indications principales
- Hypertonie musculaire réflexe post-traumatique
- Contractures musculaires aiguës et chroniques
- Douleur aiguë nécessitant un traitement doux sans manipulation
- Traitement des points trigger myofasciaux
- Spasmes vasculaires et dysfonctions neurovégétatives
- Nourrissons et personnes âgées fragiles (alternative douce aux techniques articulatoires)
- En pré-traitement avant une technique structurelle
Contre-indications
- Zones cutanées lésées ou infectées
- Fractures non consolidées
- Thrombose veineuse profonde en regard de la zone de traitement
- Tumeurs malignes locales
Avertissement médical
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et informatif uniquement. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription de traitement. En cas de doute, consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé qualifié. Les techniques décrites ne se substituent pas à un traitement médical conventionnel.