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Réflexes Neurovasculaires de Bennett (Kinésiologie Appliquée)

Points réflexes crâniens découverts par Terence Bennett dans les années 1930 et intégrés à la kinésiologie appliquée, stimulés par un contact digital léger pour améliorer l'apport vasculaire aux organes et muscles associés, incluant les célèbres points de libération du stress émotionnel.

Réflexes Neurovasculaires de Bennett (Kinésiologie Appliquée)

Présentation

Les réflexes neurovasculaires de Bennett représentent l'un des outils thérapeutiques les plus élégants et les plus subtils de la kinésiologie appliquée. Découverts dans les années 1930 par le chiropracteur américain Terence Bennett, DC (1899-1972), ces points réflexes situés principalement sur le crâne ont la propriété remarquable d'améliorer l'apport sanguin à des organes spécifiques lorsqu'ils sont stimulés par un contact digital extrêmement léger. C'est George Goodheart Jr. qui, en intégrant ces réflexes dans son système de kinésiologie appliquée dans les années 1960, a établi la corrélation entre chaque point neurovasculaire de Bennett, un organe viscéral spécifique et un muscle associé, créant ainsi un outil diagnostique et thérapeutique d'une grande finesse.

Le travail pionnier de Terence Bennett reposait sur l'utilisation d'un fluoroscope pour observer en temps réel les modifications du flux sanguin organique lorsqu'il appliquait un contact léger sur différents points du crâne. Il documenta ainsi plus de 70 points réflexes capables d'influencer la vascularisation de pratiquement tous les organes du corps. Bennett baptisa ces points « réflexes neurovasculaires » car il considérait que leur mécanisme d'action passait par le système nerveux autonome, lequel contrôle le calibre des vaisseaux sanguins et donc la perfusion tissulaire des organes.

Parmi tous les points de Bennett, les plus célèbres sont incontestablement les éminences frontales, situées sur les bosses frontales du crâne, au-dessus des sourcils. Ces points, associés à l'estomac et au muscle grand pectoral claviculaire, sont devenus mondialement connus sous le nom de « points de libération du stress émotionnel » (Emotional Stress Release ou ESR). Leur stimulation par un contact léger pendant 30 secondes à plusieurs minutes produit un effet calmant profond sur le système nerveux, réduisant significativement l'anxiété, le stress et les réactions émotionnelles excessives. Cette application est devenue l'une des techniques les plus populaires et les plus accessibles de la kinésiologie, enseignée même dans les approches grand public comme le Touch for Health et le Brain Gym.

Découvreur : Terence Bennett, DC (1899-1972), chiropracteur américain. Intégré à la kinésiologie appliquée par George Goodheart Jr., DC (années 1960)

Principes fondamentaux

Les réflexes neurovasculaires de Bennett fonctionnent selon le principe de la régulation vasomotrice réflexe. Chaque point situé sur le crâne correspond à une zone cutanée qui entretient une connexion neurologique réflexe avec le système vasculaire d'un organe spécifique via le système nerveux autonome sympathique et parasympathique. La stimulation de ces points modifie l'équilibre sympathique/parasympathique local, provoquant une vasodilatation dans l'organe cible et augmentant ainsi son apport en sang oxygéné, en nutriments et en cellules immunitaires. Ce mécanisme vasomoteur réflexe est fondamentalement différent de celui des réflexes neurolymphatiques de Chapman, qui agissent sur le drainage lymphatique : les réflexes de Bennett agissent sur l'apport vasculaire artériel.

La technique de stimulation des points de Bennett se distingue radicalement de celle des points de Chapman par son extrême légèreté. Le praticien applique un contact digital à peine perceptible — la pression ne doit pas déplacer la peau de plus d'un millimètre — avec la pulpe des doigts sur le point crânien concerné. Cette légèreté n'est pas anodine : elle est essentielle au mécanisme d'action. Bennett avait observé qu'une pression trop forte inhibait la réponse vasculaire au lieu de la stimuler. Le contact léger agit comme un signal neurologique fin qui module le tonus vasomoteur autonome sans déclencher de réponse de défense tissulaire. Le praticien maintient ce contact pendant 20 à 30 secondes minimum, parfois plusieurs minutes, en recherchant la perception d'une pulsation artérielle sous ses doigts — signe que la régulation vasculaire est en cours.

La localisation crânienne de la majorité des points de Bennett n'est pas fortuite. Le crâne est richement innervé par des branches du nerf trijumeau (V) et du nerf facial (VII), qui entretiennent des connexions étroites avec les centres autonomes du tronc cérébral (noyaux vagaux, centres vasomoteurs). La stimulation cutanée crânienne peut ainsi moduler directement l'activité du système nerveux autonome via ces voies réflexes trigémino-vagales et trigémino-sympathiques. De plus, les sutures crâniennes et les points d'insertion des muscles crâniens créent des zones de convergence neurologique particulièrement sensibles aux stimuli tactiles fins.

Dans le cadre de la kinésiologie appliquée, les réflexes de Bennett sont utilisés lorsque le test musculaire révèle une faiblesse qui ne répond pas aux réflexes neurolymphatiques de Chapman. Si un muscle faible ne se renforce pas après stimulation de son point de Chapman associé, le kinésiologue teste alors le point neurovasculaire de Bennett correspondant. Si le maintien léger du point de Bennett renforce immédiatement le muscle faible, le praticien confirme que la dysfonction est d'origine vasculaire et que la correction neurovasculaire est prioritaire. Cette hiérarchie diagnostique (lymphatique d'abord, vasculaire ensuite) est un principe fondamental du protocole AK.

Fiche technique

Autres noms
Points de Bennett, réflexes vasculaires crâniens, NV reflexes, Bennett's vascular reflexes, ESR points (pour les éminences frontales)
Type de stimulation
Contact digital très léger (toucher effleuré, pression minimale)
Pression
Extrêmement légère — ne doit pas déplacer la peau de plus de 1 mm
Durée du contact
20 à 30 secondes minimum, jusqu'à 2-3 minutes pour les points ESR
Localisation principale
Crâne (éminences frontales, pariétales, temporales, occipitales) et quelques points extra-crâniens
Signe de réponse positive
Perception d'une pulsation artérielle sous les doigts du praticien
Nombre de points référencés
Plus de 70 points dans le système complet de Bennett

Indications principales

  • Faiblesses musculaires d'origine vasculaire ne répondant pas aux réflexes de Chapman
  • Stress émotionnel aigu ou chronique (points ESR sur les éminences frontales)
  • Anxiété, crises de panique, réactions émotionnelles disproportionnées
  • Troubles circulatoires avec insuffisance d'apport sanguin organique
  • Céphalées vasculaires et migraines
  • Troubles digestifs liés à une insuffisance vasculaire mésentérique
  • Fatigue chronique avec hypoperfusion tissulaire
  • Troubles de la concentration et brouillard mental (points de la circulation cérébrale)
  • Préparation émotionnelle avant un événement stressant

Déroulement d'une séance

L'utilisation des réflexes neurovasculaires de Bennett dans une séance de kinésiologie appliquée intervient typiquement dans le cadre de la correction d'une faiblesse musculaire identifiée par le test musculaire manuel. Après avoir vérifié que la faiblesse ne répond pas aux réflexes neurolymphatiques de Chapman (ou en cas de suspicion directe d'une composante vasculaire), le kinésiologue procède à la stimulation du point neurovasculaire de Bennett correspondant au muscle et à l'organe concernés.

Le praticien place délicatement la pulpe de ses doigts sur le point crânien de Bennett identifié, avec un contact à peine perceptible. La légèreté du toucher est cruciale : le praticien doit résister à la tentation d'appuyer, car toute pression excessive inhibe la réponse vasculaire. Le contact est maintenu avec une immobilité et une attention méditatives. Progressivement, le praticien perçoit sous ses doigts une pulsation artérielle qui se synchronise et s'amplifie — c'est le signe que la régulation vasomotrice réflexe est activée et que le flux sanguin vers l'organe cible augmente. Cette pulsation peut prendre 10 à 30 secondes pour apparaître et doit être maintenue pendant au moins 20 secondes supplémentaires.

Pour l'application des points de libération du stress émotionnel (ESR), le protocole est légèrement différent. Le praticien place ses doigts sur les éminences frontales du patient et lui demande de penser à la situation stressante ou à l'émotion perturbante tout en maintenant le contact. Le processus dure généralement 1 à 3 minutes, jusqu'à ce que le patient signale une diminution de l'intensité émotionnelle ou une sensation de calme. Le praticien peut percevoir la pulsation frontale se synchroniser entre les deux côtés, signe que l'équilibre émotionnel se rétablit. Le muscle indicateur est ensuite retesté pour vérifier que la correction est effective.

La séance peut combiner plusieurs points de Bennett si plusieurs muscles testent faibles avec une composante vasculaire. Le kinésiologue enseigne souvent au patient la technique d'auto-stimulation des éminences frontales (ESR) pour une utilisation autonome en cas de stress au quotidien — c'est l'une des rares techniques de kinésiologie appliquée facilement applicable en autogestion.

Variations et sous-techniques

  • Points de libération du stress émotionnel (ESR) sur les éminences frontales — la plus célèbre et la plus accessible
  • ESR combiné avec visualisation : maintien des points frontaux pendant la revisualization d'un trauma ou d'un stress
  • ESR bilatéral croisé : une main sur le front, une main sur l'occiput (intégration avant/arrière du cerveau)
  • Stimulation séquentielle de plusieurs points pour corriger une chaîne de dysfonctions vasculaires
  • Association Bennett + Chapman : traitement simultané des composantes lymphatique et vasculaire
  • Points de Bennett pour la circulation cérébrale : amélioration de la concentration et des fonctions cognitives
  • Auto-stimulation enseignée au patient pour les points crâniens accessibles

Contre-indications

  • Traumatisme crânien récent ou fracture du crâne
  • Intervention neurochirurgicale récente
  • Hypertension intracrânienne connue ou suspectée
  • Anévrisme cérébral diagnostiqué
  • Infection cutanée ou plaie sur les zones de contact crânien
  • État de choc ou d'urgence médicale (nécessite une prise en charge conventionnelle)
  • Épilepsie non stabilisée (la stimulation crânienne peut théoriquement modifier l'excitabilité corticale)

Avertissement médical

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et informatif uniquement. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription de traitement. En cas de doute, consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé qualifié. Les techniques décrites ne se substituent pas à un traitement médical conventionnel.

Schémas et illustrations

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Spécialité associée

Kinésiologue