Thérapie Relationnelle-Intersubjective
Courant psychodynamique moderne qui considère la relation thérapeutique elle-même comme le principal agent de changement, mettant l'accent sur la co-construction mutuelle de l'expérience entre patient et thérapeute.
Présentation
La thérapie relationnelle-intersubjective est un courant psychodynamique contemporain qui s'est développé à partir des années 1980 aux États-Unis, principalement sous l'impulsion de Stephen Mitchell, Lewis Aron, Jessica Benjamin et Robert Stolorow. Ce courant intègre la théorie de l'attachement (Bowlby), la psychanalyse des relations d'objet (Winnicott, Fairbairn) et la philosophie intersubjective pour proposer un modèle « deux personnes » (two-person psychology) en remplacement du modèle « une personne » classique de Freud.
Le postulat central est que la psyché se forme et se transforme dans et par les relations. Le thérapeute n'est pas un écran neutre mais un participant actif dont la subjectivité influence le processus. La guérison ne vient pas de l'interprétation correcte d'un contenu inconscient, mais de l'expérience relationnelle nouvelle et réparatrice vécue dans la relation thérapeutique elle-même.
Fondateurs : Stephen Mitchell (1946–2000), Lewis Aron, Jessica Benjamin, Robert Stolorow
Principes fondamentaux
Intersubjectivité : la séance est un champ intersubjectif co-créé par les deux participants. Les expériences du patient ne sont pas seulement « transférées » de son passé mais aussi co-construites dans l'interaction présente avec le thérapeute.
Mutualité asymétrique : le thérapeute est un participant authentique (pas un écran vierge) mais la relation reste asymétrique (centrée sur les besoins du patient). Le thérapeute peut partager sélectivement ses réactions internes (self-disclosure judicieuse) au service du processus thérapeutique.
Reconnaissance mutuelle : concept de Jessica Benjamin — le développement psychique requiert la capacité de reconnaître l'autre comme sujet autonome tout en maintenant sa propre subjectivité. Les impasses relationnelles (deadlocks) sont des opportunités de transformation.
Enactments : les moments où patient et thérapeute se retrouvent « pris » dans des patterns relationnels inconscients ne sont pas des erreurs mais des occasions thérapeutiques cruciales à explorer ensemble.
Indications principales
- Troubles de l'attachement et styles relationnels insécures
- Difficultés relationnelles chroniques
- Dépression avec composante relationnelle
- Solitude chronique et isolement
- Traumatismes relationnels précoces
- Troubles de la personnalité (organisation limite)
- Difficultés d'intimité et de confiance
Déroulement d'une séance
La thérapie se déroule en face à face, 1 à 2 fois par semaine, pour une durée de 1 à 3 ans. Le thérapeute est plus engagé et expressif que dans l'analyse classique. Il porte attention non seulement au contenu verbal mais à l'atmosphère émotionnelle de la séance, aux moments de connexion et de déconnexion, aux micro-ruptures et réparations dans l'alliance thérapeutique.
Le travail central porte sur ce qui se passe « entre » les deux personnes dans la pièce. Le thérapeute invite le patient à explorer ses réactions émotionnelles à la relation thérapeutique et peut partager ses propres observations sur la dynamique relationnelle en cours. Les moments d'impasse sont activement travaillés comme des répétitions de patterns relationnels anciens, avec l'objectif de créer une issue différente — une expérience relationnelle corrective.
Variations et sous-techniques
- Psychanalyse relationnelle (Mitchell, Aron)
- Psychanalyse intersubjective (Stolorow, Atwood)
- Théorie de la reconnaissance (Benjamin)
- Psychologie du Self (Kohut — précurseur)
- Thérapie brève relationnelle (Safran, Muran)
Contre-indications
- Psychose active avec perte de contact avec la réalité
- Trouble antisocial sévère de la personnalité (exploitation de la mutualité)
- Demande exclusive de techniques structurées et protocoles
- Addiction active sévère non stabilisée
Avertissement médical
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et informatif uniquement. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription de traitement. En cas de doute, consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé qualifié. Les techniques décrites ne se substituent pas à un traitement médical conventionnel.