Sophro-correction sérielle
La sophro-correction sérielle est une technique sophrologique visant à désensibiliser progressivement une phobie ou une peur en revivant les situations anxiogènes par paliers, dans un état de relaxation profonde.
Présentation
La sophro-correction sérielle (SCS) est l'une des techniques spécifiques les plus utilisées en sophrologie. Développée par Alfonso Caycedo, elle s'inspire partiellement de la désensibilisation systématique de Joseph Wolpe tout en l'intégrant dans le cadre phénoménologique de la sophrologie. Le principe est simple mais puissant : dans un état de relaxation profonde (niveau sophroliminal), le pratiquant revit mentalement les situations qui déclenchent sa peur ou son anxiété, en partant de la moins anxiogène vers la plus intense.
Contrairement à la méthode comportementaliste de Wolpe qui travaille sur le conditionnement, la SCS invite le pratiquant à vivre phénoménologiquement l'expérience, c'est-à -dire à observer ses sensations corporelles, ses émotions et ses pensées sans chercher à les contrôler. La répétition progressive permet une habituation naturelle et une transformation du vécu émotionnel associé à la situation redoutée.
Principes fondamentaux
- Hiérarchisation des peurs : établissement d'une échelle de situations anxiogènes de 0 (aucune anxiété) à 10 (panique maximale)
- Relaxation préalable : chaque exposition imaginaire se fait dans un état de détente profonde, ce qui empêche la réponse anxieuse habituelle
- Progression graduée : on ne passe au palier suivant que lorsque le palier précédent ne génère plus d'anxiété
- Vivance phénoménologique : le pratiquant ne se contente pas d'imaginer la scène, il la vit avec tous ses sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût)
- Répétition positive : chaque séance se termine par une projection réussie dans la situation redoutée
Indications principales
- Phobies spécifiques (avion, araignées, hauteurs, ascenseurs, sang)
- Phobie sociale et anxiété de performance
- Trac et peur de parler en public
- Anxiété anticipatoire (examens, entretiens, compétitions)
- Peur de l'accouchement
- Anxiété liée aux soins médicaux ou dentaires
- Agoraphobie légère à modérée
Déroulement d'une séance
Un protocole complet de SCS se déroule sur 6 à 12 séances hebdomadaires :
- Séance 1 — Bilan et hiérarchisation : le sophrologue établit avec le patient la liste des situations anxiogènes, classées de la moins à la plus intense. Par exemple, pour une phobie de l'avion : regarder un avion dans le ciel (2/10), réserver un billet (4/10), arriver à l'aéroport (6/10), monter dans l'avion (8/10), décollage (10/10)
- Séances suivantes — Désensibilisation progressive : après une sophronisation de base (10 min), le pratiquant est guidé pour revivre mentalement le premier palier. Le sophrologue l'accompagne pour observer ses sensations sans les fuir. Lorsque le palier est vécu sereinement (après 2-3 expositions), on passe au suivant
- Dernières séances — Consolidation : le pratiquant revit l'ensemble de la hiérarchie d'une traite, en terminant par une projection positive dans le futur où il affronte la situation avec sérénité
Variations
La SCS peut être combinée avec la sophro-acceptation progressive pour renforcer l'ancrage positif. Certains sophrologues ajoutent une dimension corporelle en demandant au pratiquant de reproduire les sensations physiques associées à la peur (accélération cardiaque, tension musculaire) puis de les transformer par la respiration. En sophrologie pédiatrique, la SCS utilise des métaphores adaptées à l'enfant (le super-héros qui affronte le monstre progressivement).
Contre-indications
- Trouble de stress post-traumatique sévère (risque de réactivation traumatique — préférer l'EMDR ou la thérapie trauma-informed)
- Trouble panique avec agoraphobie sévère (nécessite un cadre thérapeutique plus structuré)
- Psychose active
- Phobie liée à un traumatisme non traité
Avertissement médical
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et informatif uniquement. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription de traitement. En cas de doute, consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé qualifié. Les techniques décrites ne se substituent pas à un traitement médical conventionnel.