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Équilibre acido-basique

Approche nutritionnelle visant à maintenir l'équilibre du pH corporel par la sélection d'aliments alcalinisants et la réduction des aliments acidifiants, pour prévenir la déminéralisation et l'inflammation chronique.

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Équilibre acido-basique

Présentation

L'équilibre acido-basique est un concept fondamental en naturopathie et en nutrition fonctionnelle. Le corps humain maintient un pH sanguin très strict entre 7,35 et 7,45 grâce à des systèmes tampons puissants (bicarbonates, phosphates, protéines). Cependant, l'alimentation moderne, riche en protéines animales, céréales raffinées, sucres et aliments transformés, génère une charge acide métabolique nette (NEAP — Net Endogenous Acid Production) qui sollicite en permanence ces systèmes tampons et puise dans les réserves minérales de l'organisme (calcium osseux, magnésium, potassium).

Le concept d'acidose tissulaire de bas grade (distinct de l'acidose métabolique pathologique) est étudié depuis les travaux de Remer et Manz (1995) qui ont établi l'indice PRAL (Potential Renal Acid Load) pour classifier les aliments.

L'indice PRAL

L'indice PRAL quantifie la charge acide ou alcaline potentielle d'un aliment après métabolisation, en milliéquivalents (mEq) pour 100 g. Les aliments acidifiants (PRAL positif) comprennent les viandes, poissons, œufs, fromages, céréales raffinées et sucres. Les aliments alcalinisants (PRAL négatif) comprennent les fruits, légumes, herbes aromatiques, pommes de terre et eaux minérales bicarbonatées. Les aliments neutres comprennent les huiles, le beurre et les sucres purs.

Exemples de valeurs PRAL : parmesan +34,2 ; viande de bœuf +12,5 ; riz blanc +4,6 ; lait +0,7 ; pomme de terre −4,0 ; banane −5,5 ; épinards −14,0 ; raisins secs −21,0.

Conséquences de l'acidose chronique

  • Déminéralisation osseuse (mobilisation du calcium comme tampon)
  • Fonte musculaire (catabolisme protéique pour la néoglucogenèse rénale)
  • Lithiase rénale (cristallisation favorisée en milieu acide)
  • Inflammation chronique de bas grade
  • Fatigue et douleurs articulaires
  • Altération de la fonction rénale à long terme
  • Perturbation du microbiote intestinal

Protocole de rééquilibrage

L'objectif est d'atteindre un ratio de 60-70 % d'aliments alcalinisants pour 30-40 % d'acidifiants dans l'assiette quotidienne. Le protocole comprend l'augmentation des légumes à chaque repas (en particulier les légumes verts, les courges et les pommes de terre), la consommation de fruits quotidienne (malgré leur goût acide, les agrumes sont alcalinisants après métabolisation), la réduction des protéines animales au profit de protéines végétales, la limitation des céréales raffinées au profit de céréales complètes, l'hydratation par des eaux bicarbonatées (Vichy, Saint-Yorre) et la mesure du pH urinaire matin et soir pendant 7 jours pour évaluer la charge acide.

Nuances scientifiques

L'hypothèse de l'acidose tissulaire reste débattue dans la communauté scientifique. Le corps régule très efficacement son pH sanguin et les variations restent minimes. Cependant, les études épidémiologiques montrent qu'une alimentation à charge acide élevée est associée à un risque accru d'ostéoporose, de sarcopénie et de lithiase rénale. L'alimentation alcalinisante rejoint les recommandations nutritionnelles générales (plus de fruits et légumes, moins de produits transformés), ce qui rend ses bénéfices difficilement dissociables d'une alimentation saine globale.

Avertissement médical

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et informatif uniquement. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription de traitement. En cas de doute, consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé qualifié. Les techniques décrites ne se substituent pas à un traitement médical conventionnel.